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TRANSKOREANA
La Corée au delà des clichés par Marc Lathuillière |
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Le projet Transkoreana débute par une rencontre difficile : Celle d'un journaliste français avec la Corée du Sud.
Marc Lathuillière arrive en Corée durant l'hiver 2003 pour travailler au sein de la rédaction d'une grande radio coréenne. Le froid, les problèmes de communication, le petit appartement dans une banlieue éloignée de Séoul, l'isolement aussi... Ce séjour ne s'annonçait pas sous les meilleurs hospices.
"A la différence des expatriés, qui résident dans les quartiers branchés et hors de prix de Séoul, j'ai habité dans une de ces nombreuses barres d'habitation monotone qui poussent autour de la capitale. Mes premiers mois en Corée furent assez difficiles"
Journaliste de voyages depuis 8 ans, il est pourtant un habitué des voyages au long cours. Il a déjà visité une trentaine de pays et résidé un an et demi en Asie du Sud-Est. Mais malgré son expérience, la Corée le déroute.
"Il y a une immense différence entre l'Asie du Sud-Est et la Corée. Je pensais que mon expérience m'aiderait, mais ce ne fut pas le cas. De plus, c'est peut-être un manque d'habitude, mais les coréens ont souvent du mal à communiquer avec des étrangers. Alors que quelques mots simples leur suffiraient à se faire comprendre, ils débitent parfois un flot continu de paroles à toute vitesse. Il arrive même qu'ils refusent de parler."
Avide d'indépendance mais aussi lassé par les longues heures de transports en commun, l'auteur acquière un vieux scooter.
Il faut une déjà une bonne dose de courage pour se lancer avec un engin de ce type dans les rues de Séoul, ou même en province. "Bien qu'ils soient plutôt respectueux du code de la route, les coréens ont une conduite très physique. C'est une question de taille : le bus pousse le gros 4x4 qui pousse la voiture... (voilà qui explique peut être le succès des 4x4 en Corée.) Le motocycliste, au niveau le plus bas de la hiérarchie routière est traité avec bien peu d'égards. Il faut dire que c'est aussi souvent le premier échelon de l'échelle sociale, livreurs, coursiers... Seuls quelques passionnés roulent sur de belles sportives le week-end."
Décidé à aller à la rencontre de la Corée et des coréens, il saisi l'occasion d'un reportage au festival de cinéma de Busan en septembre 2003 pour enfourcher son scooter, équipé d'un magnétophone et d'un appareil photographique, mais aussi en compagnie d'un motard miniature.
Ce petit jouet en plastique l'accompagnera durant tout son périple de 1700 km sur les routes coréennes jusqu'à en devenir l'acteur principal. En compagnie de ce double miniature, Marc Lathuillière va réaliser une véritable œuvre photographique inédite et ludique.
Intégrant systématiquement l'objet dans ses clichés, incitant les personnes photographiées à entrer dans le jeu, ses “motographies” montrent un autre visage de la Corée. Au delà des barrières de la langue et de la culture, une complicité se crée entre le photographe et son sujet.
Ce projet a fait du jounaliste, photographe amateur, un artiste dont le travail est maintenant exposé. C'est aussi l'un de ses meilleurs souvenirs de voyage. Il a depuis reproduit ce concept dans d'autres pays, Birmanie, Japon, Hongkong ou Thaïlande, avec plus ou moins de succès. "Les japonais etaient très distant. Personne ne voulait de mon petit calamar en peluche..."
TRANSKOREANA
par Marc Lathuillièe - éditeur : Noonbit - Langue : Anglais - 144 pages
Disponible chez Artazart, Galerie du Jour Agnes b, librairie Chambre Claire, librairie Galerie 213 et boutique de la Maison Européenne de la photographie.
Exposition au Centre Culturel Coréen du 26 septembre au 8 octobre 2005
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David SERRAULT |
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