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Crise politique en Corée du Sud.
Focus sur la destitution du président Roh Moo Ryun et les évements qui secouent la Corée depuis le 12 mars. |
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Le président sud-coréen Roh Moo Ryun, accusé d'infraction à la législation électorale, a été destitué le 12 mars 2004 à une écrasante majorité par le Parlement, plongeant le pays dans une situation chaotique sans précédent. Cette destitution est la première dans l'histoire du pays et un coup dur pour sa jeune démocratie.
Ces derniers mois le président avait vu sa cote de popularité baisser.
Des affaires de corruptions impliquant certains de ces proches, les problèmes économiques et la décision de participer activement à la guerre en Irak lui avaient attiré de nombreuses critiques.
C’est pourtant avec stupeur que les coréens on appris la nouvelle.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Séoul contre la destitution du président. Selon la police, 30 000 manifestants (70 000 selon certains observateurs) se sont rassemblées dans les centre de Séoul. dans un calme tranchant avec crise politique du pays, les manifestants ont organisé une veillée à la bougie et tenaient des pancartes "Défendons la démocratie!".
Certains sud coréens ont qualifié cet acte de coup d'Etat sans armes.
Selon un sondage, environ sept Sud-Coréens sur dix sont opposés à la procédure de destitution approuvé par le parlement, 65% d’entre elles trouvent « insensées » les raisons de cette destitution et 82% des personnes interrogées s’inquiètent des conséquences sur la situation politique et économique intérieure
La destitution est-elle justifiée ?
Lors d’une interview, le président Roh Moo Ryun a exprimé, quelques semaines avant les élections législatives son soutien au parti Uri.
Selon la loi coréenne, c’est illégal car le président ne doit pas influencer les élections.
Les députés de l’opposition, majoritaires au parlement, ont saisi ce prétexte pour retirer le pouvoir à Roh Moo Ryun un an à peine après son élection.
La manière dont c’est déroulée ce vote a profondément choqué les coréens. En effet, les députés qui soutenaient le président auraient été expulsé manu militari du parlement. Les photographies ci dessous illustrent le contexte de confusion de ce vote.
Le pouvoir du chef d'Etat reste suspendu à la décision finale de la Cour constitutionnelle.
Ces neuf jurés disposent d’un délai de six mois pour se prononcer sur la légalité de la destitution. Selon la constitution, c’est le Premier ministre Goh Kun, vétéran discret de la politique sud-coréenne qui assure l’intérim.
Le président par interim a rapidement rassuré les alliés de la Corée du Sud, notamment les Etats Unis, en annonçant samedi que crise ne modifirais pas la politique étrangère, notamment dans le cadre du conflit Irakien ou du chantage atomique nord coréen.
Les manifestations devraient se poursuivre.
Un grand nombre de coréens ont encore en mémoire les régimes autoritaires qui se sont succédés juqu’aux années 80. Il semblent majoritairement prêts a défendre coûte que coûte la démocratie. De plus, dans un contexte de tentions avec le voisin du nord et de récession économique, la population ainsi que les autorités sud coréennes redoutent une crise politique longue qui serait extrêmement préjudiciable à leur pays.
Comme pour la coupe du monde de football ou l’affaire des deux jeunes filles tués par l’armée américaine, des manifestations géantes sont prévues dans les grandes villes du pays.
Quel que soient leurs opinions sur le président Roh Moo Ryun, il semble bien que les Coréens ne soient pas décidés à laisser les politiciens s’emparer de leur souveraineté.
Expulsion des député opposés à la destitution.
Confusion durant le vote
Blocage du parlement par les députés de l’opposition.
Manifestations populaires contre la destitution à Séoul. |
Yung Joo SONG |
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