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Débarquée en France…
Les coréens qui choisissent d'étudier en France sont relativement nombreux. Discrets, voire timides, ils passent pourtant bien souvent inaperçu. Comment ressentent ils ce séjour loin de leur pays ? |
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Voici le témoignage de Ha-Young, étudiante à Sciences-Po :
J’ai dû choisir mon université parmi celles de plusieurs pays afin de participer à un programme d’échange. Si j’ai choisi la France, c’est tout d’abord parce qu’ayant vécu quelques années dans ce pays durant mon enfance, je savais déjà parler Français, mais aussi pour une raison culturelle. En effet, je désirais découvrir un pays qui a gardé une forte personnalité. La Corée étant massivement influencée par les Etats-Unis, la culture américaine n’etait pour moi pas du tout nouvelle.
Enfin, mon arrivée au mois de Septembre s’est passée sans aucun problèmes. Je découvrais la richesse culturelle, surtout en art dans d’innombrables musées passionnants. Les immenses expositions m’ont beaucoup marqué, car dans notre petit pays, ce genre d’événement se fait rare. Les quais de la Seine, les bâtiments ayant conservé leur histoire m’impressionnaient. La cuisine française si connue et les bonnes boulangeries qui font craquer à chaque fois faisaient également parti des plaisirs de la France.
Comme c’est lent, les français !!!
Cependant à l’égard de ces côtés admirables, j’ai dû me battre pour bien des problèmes administratifs ! Comme tous les français le savent, l’administration est remarquable par le temps et énergie qu’elle nous fait perdre mais aussi par la patience et la tolérance qu’elle nous apprend. La carte de séjour m’a pris presque 2 mois, bien que j’ai préparé tous mes papiers dès le début … et la sécurité sociale, je ne l’ai toujours pas …
Bref , tout prends du temps à Paris. Dans les magasins aussi, parfois (si me permets d’être méchante) je me demande si les caissiers méritent d’être payés, vu leurs compétences, ils seraient virés en 1 semaine en Corée !
Après cette petite découverte de la France, l’heure est venue de me rendre en cours à Sciences-Po, la plus grande école politique de France. Je me sentais toute petite, à cause de la taille des européens tout d’abord, mais surtout par l’ambiance entre les élèves. Ayant réussi les concours sévères de l’enseignement traditionnel français, ces jeunes faisaient preuve de beaucoup de savoir et je les sentais très sûr d’eux. Leurs passions pour la politique m’impressionnaient également.
Il faut dire qu’en Corée, jusqu’en deuxième année d’université, on fait surtout la fête. Trop content d’être enfin libéré des études assassines du lycée durant lesquelles nous sommes retenus à l’école jusqu’à 9 heures du soir pour enchaîner ensuite avec des cours privés… parfois jusqu’à 1 heure du matin.
Liberté d’expression à 100%
La deuxième chose qui m’a « assommée » était la liberté d’expression dont font preuve les étudiants et les professeurs. Dans notre pays, nous sommes restés très pudiques. Certes la liberté d’expression existe. Mais chacun se restreint pour conserver notre culture de la hiérarchie, dans laquelle les plus âgées ont largement raison et où les reproches sont presque interdits.
Ici, je vois les étudiants qui n’hésitent pas à mentionner les erreurs commises par des camarades, et même par des professeurs. On a le droit d’intervenir en posant des questions à n’importe quel moment et même de boire et manger en classe. Ouf .. !! Je n’arrive toujours pas à m’habituer à ce type de fonctionnement, je m’efforce de m’exprimer davantage mais cela ne s’améliore guère.
L’Akaraka de Yonsei
Quand vous aurez l’occasion d’aller en Corée dans mon université d’origine, Yonsei, vous pourrez y trouver une atmosphère dynamique, fraîche, sympa, bref… jeune que vous ne pourriez trouver nul part ailleurs.
Deux immenses événements universitaires suivis par le pays entier sont la compétition Yon-Ko, et le AKARAKA. Le premier vient du nom des deux plus grandes universités de la Corée que sont Yonsei et Korea. Pendant trois jours, plusieurs matchs se disputent dans le grand stade des jeux olympiques ! Les stades sont remplis d’étudiants en bleu (Yonsei) et rouge (Korea) qui se partagent chacun la moitié les sièges des supporteurs. On fait des vagues, on chante, on danse dans une harmonie et avec une énergie formidable. Ce ne sont pas de petits chants comme « allez les bleus ». Imaginez que le stade de France soit rempli et que tout le monde chante l’hymne national bien fort pendant trois jours !!
Bien d’autres idées me passent par la tête en ce moment même, cependant je m’arrête là pour que vous puissiez essayer de vous mettre à ma place, de vous rendre compte des différences. Quand on est dans un contexte différent, on a la possibilité de penser à beaucoup de choses et de comparer, apprendre les côtés forts et se rendre de compte de ses points faibles. C’est donc de cela qu’il faut que je profite, pour que mon expérience ne soit pas vaine.
Par Jeong Ha-Young.
Parut dans le journal des étudiant de Sciences-Po : « Jeune Asiatique » - Novembre 2003. |
David SERRAULT |
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